J’avais étudié le temps en tant que catégorie critique, en me focalisant surtout sur sa représentation dans la littérature caribéenne contemporaine. Dans ce champ, en fait, des nombreuses œuvres montrent la coprésence de différentes perceptions temporelles. La polysémie du terme représentation a constitué le point de repère principal au cours de mes recherches car les images, mais surtout les caractéristiques de la représentation iconographique et littéraire, sont souvent un moyen, pour les narrateurs des romans, de déconstruire et réinventer le temps. Ma thèse était également consacrée au repérage des textes dans lesquels le temps est un des thèmes de la narration. L’étude approfondie de chaque roman est organisée de manière complexe, et sa section centrale se divise en passé, présent et futur. Cette articulation est ensuite dépassée au cours de la thèse, qui montre que le temps est souvent la métaphore d’un sens d’inadéquation, d’inauthenticité et de frustration par rapport au quotidien. Les caractéristiques de sa représentation dans le roman caribéen montrent la volonté d’imaginer une dimension plus appropriée à la libre expression créative de soi.
Au-delà de la thèse en elle-même, j'ai un bon souvenir de mon premier doctorat, qui m'a offert la possibilité de vivre des expérience formatrices comme des séjours de recherche à la Sorbonne Université et à l'Université des Antilles-Guyane, des rencontres, des publications (surtout ce recueil d'entretiens), des collaborations avec des groupes de recherche qui ont été très stimulantes.
Je suis certaine que je n'aurais pas abordé ma thèse actuelle de la meme manière si je n'en avais pas une autre derrière moi. Bien qu'un résumé ne puisse pas en rendre compte, le fil conducteur entre ces deux travaux est certainement la liberté.

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