dimanche 15 mars 2026

Droit de vote!

Aujourd'hui j'ai été très émue de voter pour la première fois en France. 

Je vais dans l'école de mes enfants, me présente au bureau de vote avec ma pièce d’identité et je m’approche de la table où sont installés les membres du bureau. Une assesseure cherche mon nom sur la liste électorale et … elle ne le trouve pas. Désemparement. Je suis habituée à l'Italie, où il est impossible de voter si on n'a pas de carte électorale et moi, je n'avais pas encore reçu ma carte française. Après vérification par un appel à la mairie de mon arrondissement, on voit que je suis bien dans la liste de ceux qui viennent d'être ajoutés à la liste des ayants droit.  

Une fois mon identité vérifiée, on me donne une enveloppe vide. C'est tout. En Italie, on donne un bulletin avec la liste de tous les candidats à remplir avec un crayon particulier et à replier de manière à ne pas montrer le choix effectué. J'avais bien parcouru les instructions de vote, en France, mais je m'étais concentrée sur le fait qu'il me faudrait voter deux fois d'affilé. C'est donc à ce moment que je me rends compte qu'il faut prendre plusieurs bulletins de vote sur la table à côté pour en mettre un dans l'enveloppe. Je me dirige vers l’isoloir et je mets dans l’enveloppe le bulletin du candidat que j'ai choisi comme maire de mon arrondissement. Je ferme l’enveloppe et je sors de l’isoloir.

Je me dirige ensuite vers l’urne, et je remarque qu'elle est transparente, ce qui est aussi du nouveau, pour moi. Je donne ma pièce d’identité au membre du bureau qui la vérifie à nouveau et je présente mon enveloppe, que je glisse moi-même dans l’urne. Le président du bureau annonce : « Mme Ghinelli a voté ». Après cela, je signe la liste d’émargement à côté de mon nom pour confirmer que j’ai bien voté. Un membre du bureau me rend ma pièce d’identité et ma carte électorale, et je refais toutes les étapes pour l'élection du conseil municipal de Paris.

Je sais que plusieurs candidats sont imprésentables, que les problèmes qu'ils adressent ne sont pas toujours ceux qui nous touchent, mais je crois en la démocratie et je pense qu'il est important d'exprimer un choix concernant la société dans laquelle on vit. De plus, ça ne fait même pas un siècle que les femmes votent, et je n'ai aucune intention de renoncer à ce droit.
Si vous ne l'avez pas encore fait, sachez que vous avez encore une petite heure pour le faire, ici à Paris. Et n'oubliez pas le second tour dimanche prochain!

mercredi 11 mars 2026

L'Italie à l'écran

 Cette année a démarré pour moi sous le signe des projections en avant-première. S'agissant de films qui s'imposent en ce moment dans les salles de la capitale, j'ai décidé de vous parler dans un seul post de trois films très différents les uns des autres. Pourtant, leur italianité est loin de constituer leur seul point commun pour moi, et non seulement parce que j'ai eu la chance, dans les trois cas, d'assister à des projections spéciales. Les trois films portent un regard particulier sur la paternité (biologique ou effectuelle), ce qui indique sans doute que la société contemporaine a besoin de réfléchir à ce rôle. En outre, chaque film met en avant au moins une actrice ou un acteur qui compte parmi mes acteurs préférés de tout temps, ce qui n'est pas un détail négligeable pour moi!

La Grazia
de Paolo Sorrentino est un film que j'ai vu en avant-première en Italie pendant les vacances de Noël. Je n'aime pas tout de Sorrentino, mais j'ai aimé La grande bellezza quand la majorité du public italien l'ignorait et que ce n'était pas encore un événement cinématographique. La Grazia repropose certaines des atmosphères et de la photographie du meilleur Sorrentino en leur offrant une dimension politique. S'agissant de Sorrentino, cette dimension politique devient bien sûr existentielle, je dirais même cosmique. Mariano De Santis, qui dans le film est le président de la République italienne vit les derniers mois de son mandat. Il est confronté à des décisions lourdes : la légalisation d'une forme d'euthanasie et deux demandes de grâce. En parallèle, la narration de son rapport avec sa fille, qui est aussi sa collaboratrice, nous permet d'apprécier ses doutes, des interrogations morales et l'évolution de sa pensée. Toni Servillo livre une performance subtile, non dénuée de quelques éclairs légers, qui s'adapte parfaitement au style poétique de Sorrentino. La Grazia est en effet une méditation sur la grâce dans toutes ses nuances possibles. De la grâce divine à la grâce politique, de l'humanité avec laquelle on se doit de légiférer sur la fin de vie à la légèreté élégante d'un geste.

Mme Bruni Tedeschi lors de
l'avant-première
de Cinque Secondi.

Cinque secondi de Paolo Virzì Met en scène Adriano, un homme reclus dans une villa toscane, écrasé par le poids d’une tragédie personnelle et d’un sentiment de culpabilité. Sa solitude est bousculée par l’arrivée d’un groupe de jeunes idéalistes décidés à redonner vie aux vignes abandonnées alentour. Valerio Mastandrea incarne avec intensité ce personnage blessé, dont l'évolution accompagne le spectateur à découvrir que son terrible secret concerne chaque être humain confronté à la mort et à la souffrance des êtres chers. La fin ouvre une marge d'espoir, même si dans le monde de Virzì il n'y a aucun espace pour la grâce, juste pour l'abnégation et la responsabilité. Une part de légèreté est assurée par la performance d'une actrice que j'adore, Valeria Bruni Tedeschi. Cette avant-première m'a été offerte par Dolcevita sur Seine, qui organise des évènements cinématographiques autour du jumelage entre Paris et Rome et que je tiens à remercier. Mme Bruni Tedeschi était rayonnante malgré les cheveux en broussaille dont elle s'est plainte publiquement. Je trouve qu'elle a une ironie et une légèreté dans l'interprétation qui aide à mieux saisir le sens de la vie, toujours en équilibre sur le gouffre.
Photo prise pendant que j'était en train de demander
à M. Favino comment il fait pour changer de tête
d'un film à l'autre. Il m'a répondu qu'il ne sait pas.

Il Maestro d'Andrea Di Stefano sort en salles aujourd'hui dans toute la France. C'est l’histoire de Felice, un adolescent talentueux au tennis, poussé à exceller par son père. Quand celui-ci engage Raul Gatti, ancien joueur désabusé interprété par Pierfrancesco Favino, pour qu'il accompagne Felice à ses premiers championnats nationaux et lui enseigne à passer à un niveau de jeux supérieur, une relation improbable se noue entre les deux. Celle-ci transforme le jeu et la manière de vivre du jeune garçon et permet de saisir les nuances de la personnalité complexe de l'enseignant. D'étape en étape, ce road-movie est une exploration du temps que les amants des années 80 apprécieront. Favino est un grand acteur qui, lors de l'avant-première parisienne, a déclaré que nous avons besoin de personnages masculins complexes. Il a également souligné que chaque être humain peut vivre toute la gamme des émotions et de situations de tous les autres. Je ne vais pas pouvoir évoquer l'atmosphère de la soirée en quelques mots, mais les réflexions des invités ont été particulièrement profondes.

Ce trio de films établissent naturellement un dialogue entre les différents enjeux culturels et sociaux italiens et français, tout en permettant d'apprécier trois regards sur l'Italie, certes, mais surtout sur la complexité des êtres humains. 

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mardi 18 novembre 2025

La bataille de Vertières: la victoire par antonomase


La bataille de Vertières, survenue le 18 novembre 1803, est l'un des événements les plus décisifs de l'histoire haïtienne et a marqué la fin de la guerre d'indépendance contre la France. Cette bataille s'est déroulée dans la région de Vertières, située au nord d'Haïti, près de la ville de Cap-Haïtien. Elle a joué un rôle crucial dans la victoire des forces indépendantes menées par Jean-Jacques Dessalines contre l'armée coloniale française.

À cette époque, Haïti, alors connue sous le nom de Saint-Domingue, était le théâtre d'une guerre acharnée entre les révolutionnaires haïtiens et les troupes françaises de Napoléon Bonaparte. Après des années de luttes et de soulèvements, la bataille de Vertières est devenue le point culminant de la rébellion.

Jean-Jacques Dessalines, qui était un leader emblématique de la révolution haïtienne et l'un des principaux généraux de l'armée indépendantiste, a dirigé ses troupes avec une détermination farouche. L'armée haïtienne, composée principalement de soldats noirs et affranchis, a affronté les forces françaises avec une bravoure impressionnante, malgré l'absence de soutien matériel adéquat et les conditions difficiles sur le terrain.

La bataille de Vertières s'est caractérisée par des combats intenses et une stratégie habile de la part des leaders haïtiens. Dessalines a réussi à repousser les forces françaises, qui étaient dirigées par le général Rochambeau, et a infligé une défaite décisive à l'armée coloniale. Cette victoire a eu des répercussions profondes, car elle a scellé le destin de la colonie française et a ouvert la voie à la déclaration d'indépendance d'Haïti.

Le 1er janvier 1804, après la victoire de Vertières et les dernières opérations militaires pour sécuriser le territoire, Haïti a proclamé son indépendance, devenant ainsi la première république noire libre du monde et la première nation à abolir l'esclavage. La bataille de Vertières reste aujourd'hui un symbole puissant de la lutte pour la liberté et l'indépendance, et elle est célébrée avec fierté dans l'histoire haïtienne comme un moment fondateur de la nation.

On dit que la neuvième édition du dictionnaire de l'Académie française, actuellement en cours d'achèvement, fera mention de Vertières sous le mot Victoire, à l'initiative de Dany Laferrière... Si c'est le cas, Vertière deviendra, en français, la victoire par antonomase.

jeudi 13 novembre 2025

Le 13 novembre, dix ans après

Aujourd'hui Paris commémore le massacre du 13 novembre 2015 par plusieurs initiatives. La plus immédiate et sans doute la plus efficace pour ceux qui se trouvaient ce jour-là à Paris est la possibilité offerte par la Mairie de Paris de se rendre sur Place de la République pour déposer un objet, un billet où une fleur. 

La place était devenue une espèce de mémorial improvisé à l'époque des trois attaques de 2015, c'est pourquoi  maintenant et jusqu'à dimanche 16, chacun est appelé à se recueillir aux pieds de la statue de la République. La même place héberge également un grand écran diffusant en direct les images de la cérémonie officielle, assez spectaculaire et comptant sur les contributions de plusieurs artistes.

En ce moment, un dessin animé passe dans les salles: La vie de château. Mon enfance à Versailles. C'est l'histoire d'une enfant qui vit dans le château de Versailles avec son oncle. Cette enfant est pupille de la nation parce que ses parents ont été tués dans un attentat. On la voit bien passer devant le mémorial improvisé Place de la République. Je trouve que c'est une manière très délicate et efficace pour que les enfants se rendent compte des conséquences concrètes de ces évènements marquants qui risquent sinon de demeurer très abstraits pour eux. C'est aussi une bonne occasion pour en parler en famille. Bonne vision!

lundi 3 novembre 2025

Girard et mémoire de maîtrise


Aujourd'hui je voudrais commémorer l'anniversaire de la mort de René Girard, un philosophe qui a profondément marqué le travail que j'ai fait pour mon mémoire de maîtrise, le siècle dernier, à l'université de Parme. Mon mémoire de maîtrise était consacré à la notion d’altérité dans les œuvres de Daniel Pennac. J’ai articulé mon analyse en quatre parties:

1. La figure du bouc émissaire comme l’autre par excellence.

2. “L’autre personnage”

3.L’intertextualité comme une relation avec un autre écrivain

4. L’utilisation du langage dans les romans (notamment l’utilisation de l’argot comme un langage-autre) et d’autres démarches aliénantes, tels les jeux de mots, l’identité glissante du narrateur, les changements de style.

Dans Le Bouc émissaire, René Girard explore le mécanisme de la violence collective à travers le concept du bouc émissaire. Il montre comment les sociétés projettent leurs tensions et conflits internes sur une victime innocente, perçue comme responsable des troubles. Ce processus, qu'il relie aux mythes et rituels religieux, permet de restaurer la paix sociale en éliminant la victime. Girard examine aussi le rôle des textes bibliques, qui, selon lui, révèlent et dénoncent ce mécanisme. Il propose ainsi une relecture anthropologique de la violence et du sacré dans les cultures humaines. 
J’ai démontré que, loin d’avoir constitué simplement une source d’inspiration pour Pennac, cet essai a structuré profondément la série Malaussène. Les notions philosophiques élaborées par Girard et visant à démontrer que le Christ a renversé le mécanisme qui produit le bouc émissaire (qui devient une figure positive, celle de l'agneau) ont été utilisées par Pennac comme des contraintes littéraires.

Après cette démonstration, j'ai procédé dans l'analyse du thème du double, qui est examiné par Girard dans son essai et est très présent dans les œuvres de Pennac. J’ai appliqué la notion d’aliénation aux personnages dédoublés. Je me suis occupée ensuite de l’exclusion des personnages pennaciens. La différence est souvent stéréotypée chez Pennac, ce qui m’a permis une excursion à propos de l’usage des stéréotypes et des archétypes dans ses œuvres. L’archétype est exploité comme une image, ce qui implique une relation d’altérité avec ce qui est représenté dans l’image, le personnage qui se cache derrière l’image archétype.

Umberto Eco a défini la production en série comme pur mythe pour deux raisons: la répétition de l'identique, et le fait que les représentations en série sont en général figuratives. Une fois apprécié le mythe, il s'ouvre selon Eco une deuxième possibilité au lecteur/spectateur: celle de juger la forme esthétique de l'objet proposé, c'est à dire la variation sur thème mythique. Ce qui importe sont les techniques de variation, mais une variabilité infinie n'est qu'une répétition cyclique et mythique. Les appellations tout à fait semblables aux épithètes de l'épique classique, ou les reprises de formules similaires, comme si chaque roman était un long poème à apprendre par cœur sont fréquentes dans les œuvres de Pennac. Ce qui rend "autres" ces formules par rapport au genre épique et à la forme mythique sont les contenus de ces épithètes, souvent ironiques dans le cas de Pennac.

Le rapport ludique de Pennac avec le texte rend insaisissables les limites entre les différents niveaux textuels, et confond le lecteur qui veut savoir qui est en train de narrer et pourquoi, en donnant ainsi l'impression, à la longue, d'un texte qui se fait tout seul et qui se dit tout seul, d'un texte mythique.
La conclusion montre que les aspects de l'altérité que j'ai analysés ont de strictes rapports réciproques par le biais du mythe. Le thème principal de l'œuvre de Pennac sont les rapports de domination que l'auteur analyse d'un point de vue mythique et rituel. Pennac dévoile souvent les mythes et les rites qui sont à la base des comportements sociaux, parce que dans un contexte littéraire postmoderne les savent reconnaître un mythe dans sa forme codifiée, et ils s'en méfie en tant que genre littéraire. D'autres fois, l’auteur dissimule la structure mythique de ses propres narrations, empêchant ainsi au lecteur de mettre son apparat critique en action. Livré à l’affabulation et à jouissance de l'intrigue, le lecteur ne reconnaît plus le mythe bien qu’il soit hyperconnoté. La structure mythique permet à l’écrivain d’effectuer les "variations sur thème" qui sont typiques de la production postmoderne.

dimanche 19 octobre 2025

Nomen Omen



Aujourd’hui c’est mon anniversaire. En ce jour qui marque pour moi le passage du temps, je renais symboliquement en me présentant ici avec un prénom de plus, qui vient intégrer mon identité précédente. Les prénoms sont une part essentielle de notre identité, de notre culture et de notre histoire personnelle, ils peuvent influencer notre perception de nous-mêmes et de notre place dans le monde. 

Quand j’ai découvert que je m’appelais Paola parce que cela signifie « petite », et que j’étais petite quand je suis née, j’en suis restée un peu déçue, et non seulement parce que je suis née de 4 kilos ce qui, pour un bébé, n’est pas petit du tout, mais parce que j'avais l'impression que cela me demandait d'assumer une position qui ne serait pas toujours confortable.

Dès la naissance, le prénom devient une partie intégrante de qui nous sommes, mais en devenant adultes, nous changeons. Il y a eu un moment de ma vie où je ne me reconnaissais pas du tout dans le mien. En même temps, c’était mon prénom, celui que les personnes qui m’aimaient utilisaient pour m’appeler. Je ne voulais donc pas tout à fait l’abandonner. Ainsi j’ai fait quelques recherches, j’ai ouvert le grand livre des prénoms, et je l’ai étudié. J’ai découvert qu’il existe un prénom féminin assez rare, mais plutôt musical : Dinali.

J’aime bien le son que cela fait, et quand j’ai découvert que cela signifie « grande », j’ai pensé qu’il pourrait très bien équilibrer le prénom de Paola. J’ai donc décidé d’entamer une nouvelle vie, celle de Paola Dinali. 

En tant que Paola Ghinelli, j'ai vécu une vie très riche, dont vous pourrez trouver les traces ici. En tant que Paola Dinali Ghinelli, tout reste à faire...


samedi 11 octobre 2025

Maryse Condé

Credits: Getty images
J'aime me souvenir en ce jour de Maryse Condé, parce que le 12 octobre 2018 elle a remporté le Nouveau prix de littérature en reconnaissance de l'ensemble de son œuvre. Cette année là, le prix Nobel n'a pas été décerné à cause de scandales concernant les membres du jury. Le nouveaux prix de littérature est ce qui l'a substitué. Ainsi, Maryse Condé a obtenu un "Presque Nobel" pourtant très significatif parce que assigné par un jury populaire. 

Quand elle a disparu, en 2024, cela m'a particulièrement ému, car il y a très longtemps, je l'ai rencontrée chez elle, en Guadeloupe, pour l'interviewer dans le cadre de mes recherches pour Archipels littéraires.  Elle était déjà très connue à l'époque, bien que personne n'aurait imaginé qu'elle allait recevoir le Prix Nobel, alternatif ou non. Elle m'accueillit dans le jardin tropical de sa villa de campagne. En me donnant les indications pour arriver, elle m'avait dit: "Si vous vous perdez, demandez de la maison de Maryse Condé: tout le monde sait où c'est". L'endroit était pourtant si isolé que son mari (et traducteur) me raccompagna en voiture à mon logement. Pendant des décennies, Maryse Condé a alterné des séjours dans cette maison éloignée de toute mondanité à des périodes d'enseignement dans des différentes facultés étatsuniennes, dont l'université Columbia. Quand elle était plus jeune, après avoir fait ses études à la Sorbonne, elle avait résidé aussi en Guinée, au Ghana et au Sénégal.  

Ainsi, la variété de thèmes et de décors de ses romans n'est pas gratuite, mais strictement liée à son expérience existentielle et humaine. Ses romans explorent aussi les thèmes de l'héritage colonial, de la mémoire collective, de l'identité noire, et de la diaspora africaine. Elle questionne souvent la notion d'appartenance, cherchant à définir ce que signifie être Antillais dans un monde postcolonial et mondialisé. Si vous ne la connaissez pas encore, il faut se mettre à lire!