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dimanche 19 octobre 2025

Nomen Omen



Aujourd’hui c’est mon anniversaire. En ce jour qui marque pour moi le passage du temps, je renais symboliquement en me présentant ici avec un prénom de plus, qui vient intégrer mon identité précédente. Les prénoms sont une part essentielle de notre identité, de notre culture et de notre histoire personnelle, ils peuvent influencer notre perception de nous-mêmes et de notre place dans le monde. 

Quand j’ai découvert que je m’appelais Paola parce que cela signifie « petite », et que j’étais petite quand je suis née, j’en suis restée un peu déçue, et non seulement parce que je suis née de 4 kilos ce qui, pour un bébé, n’est pas petit du tout, mais parce que j'avais l'impression que cela me demandait d'assumer une position qui ne serait pas toujours confortable.

Dès la naissance, le prénom devient une partie intégrante de qui nous sommes, mais en devenant adultes, nous changeons. Il y a eu un moment de ma vie où je ne me reconnaissais pas du tout dans le mien. En même temps, c’était mon prénom, celui que les personnes qui m’aimaient utilisaient pour m’appeler. Je ne voulais donc pas tout à fait l’abandonner. Ainsi j’ai fait quelques recherches, j’ai ouvert le grand livre des prénoms, et je l’ai étudié. J’ai découvert qu’il existe un prénom féminin assez rare, mais plutôt musical : Dinali.

J’aime bien le son que cela fait, et quand j’ai découvert que cela signifie « grande », j’ai pensé qu’il pourrait très bien équilibrer le prénom de Paola. J’ai donc décidé d’entamer une nouvelle vie, celle de Paola Dinali. 

En tant que Paola Ghinelli, j'ai vécu une vie très riche, dont vous pourrez trouver les traces ici. En tant que Paola Dinali Ghinelli, tout reste à faire...


mardi 17 décembre 2024

Archipels littéraires: un travail très ancien qui fait toujours partie de moi

Il y a presque vingt ans, lors de mes travaux de recherche pour ma première thèse, j'ai effectué une série d'entretiens avec des écrivains que j'étudiais. Ces entretiens ont été recueillis et publiés sous le titre d'Archipels littéraires par la maison d'édition Mémoire d'encrier de Montréal. Il s'agit d'un livre tout compte fait assez modeste, mais qui, de manière inattendue, suscite toujors un certain intéret. 

Ces entretiens avec neuf écrivains caribéens m'ont permis de convoquer un ensemble de questions qui, à l'époque, étaient pertinentes: existe-t-il un « roman caribéen francophone»? la critique contemporaine a-t-elle pu en saisir les problématiques? Les contraintes d’ordre géographique et linguistique, l’intertextualité, et les rapports des auteurs interviewés avec la spatialité et la temporalité sur lesquels je les ai interrogés étaient à l'époque moins étudiés que les limites de la francophonie. Si les écrivains en sont venus parfois aux lieux communs du discours critique quant à certains thèmes comme l’identité, l’exil, ou l’errance, la juxtaposition de leurs points de vue peut toujours susciter des perspectives de lecture originales. 

Le 15 décembre 2005, l'émission 10 minutes pour le dire avec Gora Patel a été consacrée à Archipels littéraires Voici (en deux parties) la vidéo qui a été transmise sur RFO-France Ô.



La chaîne télévisée 3A Télésud a consacré un épisode de l'émission "Des mots et débats", avec Patricia Drailline, au débat sur mon recueil d'entretiens. Ci-bas on peut regarder l'entretien (toujours en deux parties) qui a été transmis plusieurs fois au cours du mois de mai 2006.




Lisez les des comptes rendus concernantArchipels Littéraires parus sur La Tribune des Antilles et sur Le Devoir (ci-bas): 

samedi 9 novembre 2024

Mes recherches de thèse (qu'est-ce que je fais là?)

Ce blog est agé d'une semaine, et il est grand temps que j'explique ce que je suis en train de faire à Paris, exactement. La raison principale de ma présence ici est une reprise d'études. Je suis docteur en littératures francophones de l'Université de Bologne, et là, j'ai décidé de préparer une deuxième thèse en littérature italienne à la Sorbonne Nouvelle. 
Mes recherches actuelles portent sur ce que j'ai défini la construction généalogique de l'identité. Le roman italien des quinze dernières années témoigne d'un intérêt pour les antécédents généalogiques des personnages: parents, grands-parents et ainsi de suite, jusqu'aux ancêtres les plus éloignés. Ma thèse est que les personnages des descendants ont besoin de regarder en arrière pour aller de l'avant, et ceci de manière plus systématique et plus profonde par rapport à ce qui émergeait de la littérature précédente. Je pense même que la généralisation de l'attention consacrée à des composantes identitaires qui remontent à un temps où l'individu n'existait pas encore est un signe de l'air du temps. 
Tous les romans de mon corpus présentent une dynamique narrative semblable, qui les rapproche des romans de formation malgré le fait que les personnages les plus présents dans la narration ne sont souvent pas les personnages qui se développent et changent.
Je crois que cela exprime quelques caractéristiques de ce moment historique, d'autant plus que les dynamiques que j'étudie dans la littérature italienne opèrent largement dans la littérature contemporaine d'autres pays. Jusque dans ma vie quotidienne, je ne fais que rencontrer des personnes qui font des recherches généalogiques ou qui sont à l' l'affût de secrets familiaux. Moi-même j'ai été récemment amenée à retrouver les traces d'un oncle oublié par l'Histoire. 
Ce qu'il est intéressant de se demander est où mènent ces recherches généalogiques. Est-ce que nos parcours individuels seraient différents si nous ne nous tournions pas en arrière? Pourquoi est-il libératoire de savoir ce qu'il s'est passé avant nous? Pourquoi y a-t-il cette impulsion à raconter ces histoires (lorsqu'elles sont inspirés des vicissitudes familiales de l'auteur) ou à en inventer?

Si vous aimez les podcasts, vous pouvez écouter l'entretien effectué par Judicaël Prigent sur mes recherches de thèse pour l'émission Thèsez-vous? de Radio Campus Paris en cliquant ici.

Si vous voulez lire certains des articles que je suis en train de publier au cours de mes recherches, cliquez ici.