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mardi 8 juillet 2025

Tous Léger!

Il reste encore quelques jours - jusqu'au 20 juillet 2025- pour visiter l'expo Tous Léger! au Musée du Luxembourg (19 rue de Vaugirard). L'expo est visitable du lundi au dimanche de 10 h 30 à 19 h, avec nocturnes le lundi jusqu’à 22 h.
Près de 100 œuvres y établissent un dialogue entre Fernand Léger, une figure majeure de l'avant-garde du XXᵉ siècle, et les artistes du Nouveau Réalisme (comme Niki de Saint Phalle, Yves Klein, Arman, Martial Raysse, César), ainsi que des figures du Pop Art américain (Roy Lichtenstein, Keith Haring).

Les thèmes abordés incluent le détournement d’objets, la représentation du corps et des loisirs, et l’art dans l’espace public.
C'est une expo assez ludique à la scénographie immersive : l'espace est très coloré, parfait pour les amateurs de pop art comme moi (et mes enfants !). L'entrée est par ailleurs gratuite pour les moins de 16 ans et aussi pour les moins de 26 ans sous condition de réserver en ligne.
Des séances guidées sont disponibles, y compris en anglais, ainsi que des visites thématiques. Quand j'ai visité, il y avait beaucoup de monde. Si vous en avez la possibilité, je conseille d'exploiter les nocturnes du lundi: il paraît que c'est plus calme.

vendredi 13 juin 2025

Mille et une vies

L’espace Monte-Cristo est un lieu artistique unique consacré à la sculpture contemporaine. Il fait partie de la Fondation Villa Datris, reconnue pour son engagement dans la promotion de la sculpture sous toutes ses formes. Les expositions qu'il héberge, toujours gratuites, mettent souvent en avant le rapport entre corps et matière, ainsi que les matériaux alternatifs.


Au cœur du vingtième arrondissement, cet espace permet une circulation fluide, avec des zones immersives. C'est un lieu que j'aime beaucoup, donc j'en parle à nouveau, en profitant de la nouvelle exposition Mille et une vies, qu'on peut visiter jusqu'au 14 décembre 2025.
Cette exposition explore les différentes facettes de l'identité - corporelle, sociale, biologique - mais surtout hybride et "autre". Elle est organisée de manière accueillante et laisse découvrir les liens entre la sculpture et l’intimité, la vulnérabilité, le corps, les émotions et les sensations mais aussi les rapports entre les êtres. Elle interroge la manière dont la sculpture peut transmettre des impressions sensorielles, tactiles et affectives. 
Des nombreuses activités pour enfants et adultes permettent d'intégrer les perspectives des nombreux artistes. Pour moi qui prépare une thèse sur la construction de l'identité, cette expo est une source inépuisable d'inspiration, mais sa poésie et son caractère ludique sont adaptés à tout public.

samedi 7 juin 2025

Nuit blanche!

La Nuit Blanche 2025 se tient ce samedi 7 juin à Paris, transformant la ville en un immense musée à ciel ouvert de 19h à minuit. La kermesse, qui intéresse toute l'Île de France, célèbre cette année le 7e art en particulier. Des projections, installations et performances inspirées du cinéma seront proposées dans divers lieux emblématiques de la capitale, offrant une expérience immersive et poétique aux visiteurs.

De nombreux musées parisiens participent à l'événement avec des nocturnes gratuites et des animations spéciales. Le musée Picasso est ouvert de 18h à minuit, avec une dernière entrée à 23h30, sans réservation dans la limite des places disponibles. Le Grand Palais présente une installation immersive de l'artiste Ernesto Neto, accessible gratuitement jusqu'à 2h du matin (qui sera visible jusqu'à septembre). Le 59 Rivoli ouvre ses ateliers pour une soirée d'art collaboratif, avec des performances en continu.

Des activités pour les familles sont également prévues. Notamment, l'église Saint-Eustache présente "Tracé tressé", une performance mêlant danse et création sonore improvisée à l'orgue.

Moi, je vais à la fondation groupe EDF voir une expo sur le futur (Ce que l'horizon nous promet) et passer une soirée cool en famille.

Ici la version italienne de ce post



vendredi 14 février 2025

L'océan de Léa

J'ai une bonne nouvelle pour les amants des installations lumineuses: l'exposition L'océan de Léa est prolongée jusqu'à la fin du mois de mars! 

Il s'agit d'une oeuvre d'art immersive reproduisant le fond de la mer et entièrement fabriquée en papier. Les jeux de lumières installés dans certaines composantes de l'oeuvre la rendent particulièrement suggestive.

Il s'agit de véritables sculptures en papier, réalisées chacune avec une seule feuille, sans utiliser de colle et en annulant l'impact environnemental, car le papier utilisé est destiné à être jeté par les usines.

L'artiste parisien, Junior Fritz Jacquet, est revenu aux origines en installant cette exposition à Saint Ouen, dans le même quartier où il est entré en contact pour la première fois avec son art.

L'utilisation de l'ancienne patinoire pour installer l'expo est aussi significative en termes d'urbanisme. L'expo est magique et adaptée à tous les âges. Vous voyez sur la photo l'effet euphorisant sur une adulte! 

À la fin du parcours de l'exposition, vous trouverez un espace origami pour tous ainsi que le matériel et les instructions pour participer à un concours pour enfants visant à reproduire le fond de la mer et à faire ressortir, peut-être, les artistes de demain!

Toutes les infos pratiques ici.

vendredi 7 février 2025

Nouvel an lunaire

 Paris, ce n'est pas seulement des baguettes, des marinières et la tour Eiffel, bien au contraire : c'est avant tout une métropole diversifiée qui a su faire de sa diversité sa force. Ainsi, lorsqu’un événement majeur survient pour une ou plusieurs des communautés qui peuplent Paris, la réponse culturelle est massive et variée.

Le 29 janvier a marqué le début du Nouvel An lunaire, célébré par plusieurs communautés asiatiques. Ici à Paris, les festivités continuent jusqu'à ce week-end. Personnellement, j'ai choisi cette année de faire la fête à la mairie du 13e arrondissement, qui accueillait samedi dernier un festival dédié à la mode, à la danse, aux arts martiaux et à la cuisine typiques Han. Pas de glamour dans ce cas, mais le plaisir pour moi d'approcher la culture chinoise sous un angle différent par rapport à ce que j'aurais pu faire en Italie. 

Une image du défilé du XIIIe en 2023
Bien que plusieurs pays asiatiques célèbrent le nouvel An lunaire, la Chine est peut-être la plus représentée ici en France où on utilise souvent l'expression « Nouvel An chinois », qui est d'autant plus imprécise qu'en Chine cette fête s'appelle 春节, ce qui se traduit aussi par Fête du Printemps.

Le Nouvel An lunaire est célébré chaque année à Paris avec une série d'événements dont un défilé sur les Champs Elysées. Demain aura lieu le traditionnel défilé dans les rues principales du 13ème, que j'ai déjà eu l'occasion d'apprécier pour son multiculturalisme. En fait, différentes traditions sont représentées mais, comme le 13e arrondissement est aussi le quartier de nombreux Antillais, le défilé comprend également des groupes de traditions caribéennes qui rappellent le carnaval dans une frénésie festive.

Si au contraire nous voulons nous limiter à la seule Chine, je vous souhaite 新 年快乐!Bonne année du serpent de bois!

jeudi 23 janvier 2025

Un itineraire dans le 14e

Nous avons déjà parlé du 14e arrondissement de Paris, un quartier riche en histoire, en culture et en lieux emblématiques à découvrir. Voici un itinéraire idéal pour une journée de visite, mêlant art, nature, histoire et vie locale.

Commencez votre journée par la Tour Montparnasse, l'un des plus hauts gratte-ciels de Paris. Prenez l'ascenseur jusqu'à l'observatoire au 56e étage pour une vue panoramique à 360° sur la ville, rivalisant avec celle de la Tour Eiffel.

À quelques pas de la tour, plongez dans l'atmosphère artistique du début du 20e siècle en prenant un café dans l'un des célèbres établissements de Montparnasse, comme La Coupole, Le Dôme ou La Rotonde. Ces cafés étaient fréquentés par des artistes comme Picasso, Modigliani et Sartre.

Ensuite, marchez jusqu'au Cimetière du Montparnasse (3 Bd Edgar Quinet), où reposent de nombreuses figures célèbres comme Jean-Paul Sartre, Simone de Beauvoir, Samuel Beckett et Baudelaire. C'est un lieu de calme et de recueillement au cœur de la ville.

À une dizaine de minutes à pied du cimetière se trouve la Fondation Cartier pour l’Art Contemporain, un musée dédié à l'art contemporain, souvent reconnu pour son architecture de verre et ses expositions avant-gardistes. Je vous conseille de vous y rendre rapidement, car cette Fondation quittera dans quelques mois le 261 Boulevard Raspail pour reprendre vie dans un autre arrondissement.

Quand il fera plus chaud, dirigez-vous vers le Parc Montsouris, l'un des plus grands parcs de la capitale, parfait pour une pause détente. Conçu sous Napoléon III, ce parc à l'anglaise est idéal pour une balade ou un pique-nique au bord du lac.

Après avoir profité du parc, dirigez-vous vers les

Catacombes de Paris, l'une des attractions les plus fascinantes du 14e arrondissement. Ce vaste réseau souterrain abrite les ossements de plus de six millions de Parisiens, transférés au cours des XVIIIe et XIXe siècles depuis divers cimetières de la ville.

Terminez votre itinéraire par une promenade dans le quartier d'Alésia, connu pour ses boutiques, ses restaurants et son ambiance de village. Flânez sur la rue d'Alésia pour un peu de shopping ou arrêtez-vous dans l'un des nombreux cafés pour un verre. Amusez-vous bien !

mercredi 15 janvier 2025

Plans de métro


Le métro culturel de Lucas Destrem

Qui dit Paris dit métro, et ce moyen de transport, si haï par les parisiens, est en réalité un des symboles de la capitale française. Cœur de la mobilité, le métro a inspiré et continue d'inspirer des artistes. Il est facile de se reinseigner sur les bouches de métro Art Nouveau ou sur l'année d'inauguration de ce réseau qui compte aujourd'hui environ 300 stations. Aujourd'hui je vais donc parler de quelques projets moins connus qui n'ont été inspirés que par le plan du métro. Ce dernier est, à lui seul, un objet de design qui inspire une certaine convoitise.
Tout d'abord, un géographe, Lucas Destrem, a crée un plan de métro culturel, dans lequel chaque nom de station qui figurait dans le plan en vigueur au mois de décembre 2020 a été modifié ou remplacé par le nom d'un lieu d'art ou de culture situé en proximité de la station. le projet initial était celui de sortir les lieux culturel de la crise due au covid, mais le plan est en tout cas fascinant et permet d'avoir une mesure de la richesse de l'offre culturelle parisienne. D'un point de vue plus strictement géographique, ce plan détourné de nous confronter avec la toponymie urbaine et avec la diversité et la fragilité des proposition culturelles de la capitale. Il est possible de télécharger gratuitement ce plan ici (au fond de la page). 

Le métro est devenu aussi un mémory en ligne des plus satisfaisants: il suffit de cliquer ici pour insérer de mémoire toutes les stations de métro dont on se souvient: elles paraitront magiquement sur le plan muet ainsi que le pourcentage de station dont vous vous souvenez le nome sur le total des stations. Il faut le faire pour comprendre à quel point c'est gratifiant.
Si vous n'êtes pas à Paris et que la routine vous manque, vous saurez maintenant comment profiter d'un métro virtuel sans les désagréments du quotidien! Bon voyage imaginaire!

samedi 4 janvier 2025

Le street art du 13ᵉ arrondissement

Le 13ᵉ arrondissement de Paris est devenu, au fil des années, un véritable musée à ciel ouvert grâce à ses nombreuses œuvres de street art. Plusieurs artistes de renommée mondiale ont laissé leur empreinte sur les murs du quartier, créant un parcours riche et diversifié pour les amateurs de cet art urbain. Voici un itinéraire que vous pouvez effectuer à pied en 2-3 heures (selon votre rhytme) qui vous permettra de découvrir les plus grandes fresques du 13e arrondissement. N'oubliez pas de visiter ces ouvres pendant la journée, car elles ne sont pas toutes illuminées.

Point de départ : Place d'Italie
"La Madre Secular 2" de Inti – 12, avenue d'Italie
Inti, un artiste chilien, est connu pour ses fresques monumentales empreintes de symboles et de références religieuses et culturelles sud-américaines.
Cette œuvre aux tons chauds représente une figure féminine imposante, un motif récurrent dans l’art d’Inti.
"Grand Eléphant" de ROA – 81, boulevard Vincent Auriol
ROA, street artist belge, est célèbre pour ses représentations d'animaux en noir et blanc, souvent dans des postures réalistes. Ce gigantesque éléphant, peint sur un immeuble, est l'une des œuvres les plus impressionnantes du 13ᵉ.

Dans le 13ᵉ, le street art surgit à tous les coins de rue!

Étape 2 : Rue Jeanne d'Arc

"Liberté, Égalité, Fraternité" d’OBEY (Shepard Fairey) – 141, rue Jeanne d'Arc
Shepard Fairey, plus connu sous le nom d'Obey, est une figure incontournable du street art international, notamment connu pour son célèbre portrait d'Obama. Cette fresque, créée en hommage aux valeurs républicaines françaises, est réalisée dans le style graphique et iconique d'Obey.
"Croisement entre tradition et modernité" de C215 – Rue Jeanne d'Arc
C215, un autre artiste de renom, est originaire de Paris. Il est surtout connu pour ses pochoirs détaillés et colorés représentant des visages de personnes anonymes ou célèbres.
Ses œuvres sont dispersées un peu partout dans l'arrondissement. En vous baladant dans la rue Jeanne d'Arc, vous pourrez en croiser plusieurs.

Étape 3 : Boulevard Vincent Auriol
Fresque de D*Face – Boulevard Vincent Auriol
Cet artiste britannique, connu pour son style pop art, souvent ironique et provocateur, a réalisé une fresque sur un des grands murs du boulevard. La fresque représente un visage stylisé, typique de son approche déconstructiviste des icônes de la culture populaire.
Œuvres de Jef Aérosol – Quai de la Gare (métro 6)
Jef Aérosol, pionnier du street art en France, a orné plusieurs murs du 13ᵉ avec ses silhouettes expressives en noir et blanc.Vous trouverez notamment des portraits d’enfants ou de musiciens dans son style pochoir distinctif.

Étape 4 : Rue du Chevaleret et alentours
"Astronaut" de Invader – Près de la rue du Chevaleret
Invader, célèbre pour ses mosaïques inspirées du jeu vidéo Space Invaders, a disséminé ses œuvres dans tout Paris. Le 13e en possède plusieurs, souvent cachées dans les recoins des rues.
Cette mosaïque d'un astronaute est une référence subtile à l’exploration urbaine.
"Atlas" de Maye – Rue du Chevaleret
L'artiste français Maye a réalisé une fresque de grande envergure représentant un personnage surréaliste à la silhouette allongée, symbole de l'interaction entre le passé et le futur.


Étape 5 : La Butte aux Cailles
Fresques de Miss.Tic – Quartier de la Butte aux Cailles
Miss.Tic est une autre figure majeure du street art parisien, connue pour ses pochoirs mêlant visages féminins et aphorismes poétiques ou engagés.
Le quartier de la Butte aux Cailles, avec ses petites rues et ses maisons colorées, est l’un des endroits où vous trouverez de nombreuses œuvres de l’artiste.
"Boulevard Paris 13" – Fresques géantes du quartier
Ce projet artistique a vu des artistes du monde entier réaliser de gigantesques fresques murales sur les façades des immeubles. Parmi eux, Conor Harrington, Jorge Rodriguez-Gerada, et Pantonio.


Fin du parcours : Parc de Choisy
Œuvres diverses dans le parc – Parc de Choisy
Le parc de Choisy, en plus de ses espaces verts, abrite également quelques œuvres de street art, notamment des créations d’artistes locaux moins connus.
Si vous voulez etre guidé pas à pas, vous pouvez télécharger l'application "Street Art 13" qui répertorie et géolocalise toutes les œuvres du quartier, facilitant ainsi votre promenade.

Si après cet itinéraire, il vous reste encore envie de street art, n'oubliez pas quele Petit Palais héberge une expo d'art urbain qui s'appelle We are here - accessible gratuitement jusqu'au 19 janvier 2025.

lundi 30 décembre 2024

L'année 2024 et la culture

 

La montgolfière abritant la flamme olympique
L'année 2024 à Paris a été marquée par de nombreux événements majeurs, couvrant des domaines variés comme le sport, la culture et l'histoire. Tout d'abord, l'événement phare de l'année a été sans aucun doute constitué par les Jeux Olympiques et Paralympiques de Paris 2024. Contrairement au choix effectué par plusieurs villes qui ont hébergé les JO, la ville de Paris a choisi de faire dérouler les compétitions dans des lieux emblématiques tels que le Stade de France ou aux pieds de la Tour Eiffel.

En parallèle des compétitions sportives, l'Olympiade Culturelle a proposé une série d'événements artistiques, dont des expositions, des spectacles et des installations, illustrant le lien entre sport et culture. 

Après plusieurs années de rénovation, le Grand Palais a rouvert ses portes, accueillant des expositions majeures et redevenant un centre névralgique de la culture parisienne.

Le Musée d'Orsay a proposé quant à lui l'exposition immersive "Un soir avec les impressionnistes, Paris 1874", une expérience en réalité virtuelle plongeant les visiteurs dans l'atmosphère de la première exposition impressionniste​. 

En décembre 2024, un autre moment fort a été la réouverture de la cathédrale Notre-Dame de Paris. Après l'incendie dévastateur d'avril 2019, l'édifice a réouvert ses portes le 8 décembre 2024, marquant un moment émouvant pour les Parisiens et les visiteurs du monde entier​.

Ces événements ont contribué à renforcer la position de Paris comme capitale de la culture, offrant aux résidents et aux visiteurs une programmation riche et diversifiée tout au long de l'année. On verra ce que 2025 prépare pour nous! Bonne année !

samedi 21 décembre 2024

Les vitrines de Noël


Un moment des animations de cette année dans une des vitrines
du Bon Marché 
Les vitrines animées sont une tradition du Noël parisien. L’idée de décorer les vitrines pour le temps des fêtes a commencé à émerger avec l’apparition des grands magasins, tels que Le Bon Marché, qui a été l’un des premiers à Paris à développer le concept de la vitrine commerciale. Ces vitrines décorées jouaient sur des thèmes festifs et saisonniers pour créer un attrait visuel. 
Dans les années 1920-1930, les vitrines ont commencé à devenir plus élaborées. Après la Seconde Guerre mondiale, l’innovation technologique a permis l’introduction de mécanismes animés, transformant ces vitrines en véritables spectacles. Les grands magasins comme les Galeries Lafayette, Le Printemps, et La Samaritaine ont popularisé cette pratique en y ajoutant des marionnettes, des automates, et des scènes miniatures représentant des contes de fées ou des paysages hivernaux. L'idée était d'offrir une expérience magique aux adultes et aux enfants, en racontant des histoires.
Dans les années 1950 et 1960, ces vitrines sont devenues de véritables attractions, attirant des familles entières qui venaient les admirer. C’est à cette période que les vitrines ont commencé à être accompagnées de musiques, de lumières, et de scénographies plus détaillées. Avec le temps, les vitrines sont devenues de plus en plus sophistiquées, intégrant des jeux de lumière, des animations électroniques, et même des collaborations artistiques. Aujourd’hui, les vitrines animées des grands magasins parisiens sont un rendez-vous incontournable de la saison hivernale. Chaque année, des équipes de décorateurs, scénographes et artistes travaillent pendant des mois pour créer des thèmes originaux et magiques, avec l’intégration de technologies modernes telles que l’éclairage LED et les effets numériques. Les Galeries Lafayette et Le Printemps restent des pionniers dans cette tradition, dévoilant chaque année des vitrines spectaculaires et souvent accompagnées d'événements spéciaux. Chaque année, les vitrines attirent des milliers de visiteurs dans la période de Noël, et constituent désormais un véritable événement culturel et touristique dans la capitale française.

vendredi 13 décembre 2024

Paris en toutes lettres

Je n'ai pas toujours vécu à Paris. Voici un petit texte nostalgique, qui se réfère à ce temps où j'y venais seule sur un coup de tête, et qu'il y avait encore la carte orange à la place du pass navigo...


Un jour à Paris 

J’arrive à Paris le matin. Le quai de la gare est une préfiguration de ce qui m’attend. Un échantillonnage d’êtres humains aux yeux poisseux pour la nuit passée dans le train mais éclairés par l’émotion de l’arrivée. Les trains pour Paris accouchent d’une humanité pacifique et étonnée. Ceux qui viennent de loin devraient toujours activer leurs sens petit à petit, pour ne pas laisser la ville prendre le dessus. J’ai élaboré un rite pour l’affronter sans me faire ingurgiter. Avant d’appeler quelqu’un qui peut m’héberger pour une nuit ou deux, je regarde les yeux des autres voyageurs, et je cherche d’y voir la couleur du ciel de Paris. Si mon bagage n’est pas trop lourd et la lumière est propice, je quitte à pieds la gare de Lyon en me dirigeant vers Place d’Aligre, à deux pas de là. Avec un peu de chance, c’est le jour du marché. J’aime regarder Paris depuis ici. Les couleurs de la brocante made in Taiwan, les têtes des vendeurs ensommeillés, la lumière qui se transforme en poussière me surprennent à chaque fois. Et à chaque fois j’observe, jusqu’à percevoir quelque chose de Paris qui m’avait échappé jusqu’à ce moment.

Je me concentre sur le toucher et je touche tous les objets exposés sur les stands ou par terre, déchaînant ainsi la fureur des marchands. Je lis le braille de ce lieu : je sens la trame des tissus qu’on ne fabrique plus, je laisse glisser mes doigts sur les bibelots en verre soufflé, j’effleure la quincaillerie comme s’il s’agissait d’un précieux trésor. Je suis dans mes doigts, et grâce au sens du toucher je perçois la patine qui recouvre cette brocante à bas prix. Je choisis un objet. Un presse-papiers en bois chaud et lisse. Pendant que je le garde entre mes mains, sans me faire remarquer, je l’approche de mon nez. Je sens l’histoire du bois à travers son odeur. Puis, j’effeuille les livres anciens et j’en aspire la poussière. L’odorat me permet de m’apercevoir pour la première fois de l’agressivité de la ville : Paris sent fort, avec ses bacs à ordures mal fermés, et les excréments de chien qui étoilent les trottoirs. À ce point, mes oreilles se laissent envahir spontanément par le son du français. Je commence à tirer sur les prix et à écouter les voix. Je parle à un marchand de ce presse-papiers en ébène que je sais trop cher, histoire d’entendre la langue française qui envahit ma bouche et modifie l’expression de mon visage. Avant de repartir je mange quelque chose pour compléter mon éveil sensoriel. Je m’arrête dans une boulangerie ou au supermarché qui a longtemps hanté la place avec une énorme silhouette de Zidane qui disait: J'aime bien vous faire gagner. C’est seulement après cette initiation complexe que je suis prête pour la ville.

Quand mon rite propitiatoire est efficace, il me permet d’entrer dans un monde candi. Les personnes qui explorent, parcourent et vivent Paris peuvent être très différentes. L’impossibilité de cataloguer leur besoins a simplifié le langage que la ville utilise pour communiquer avec eux, mais en a conservé la magie. En fait il ne suffit pas que le mode d’emploi de Paris soit clair et lisible. Pour rencontrer les goûts de chaque passant, il doit être aussi captivant. Ces nécessités pratiques et communicatives ont favori l’énorme diffusion de gadgets métropolitains. Les cartes bariolées et translucides qui portent les messages entre Paris et ses invités sont un manière pour la ville de s’imposer en séduisant. Le charme pop de la carte orange transforme l’abonnement aux transports parisiens en objet d’attentions fétichistes. Une fois rentrés à la maison on la conserve, les adolescents la collent dans leur journal, les superstitieux la relèguent au fond d’un tiroir pour ne pas jeter leur propre image. La carte orange en effet nous regarde de nos propres yeux plantés au beau milieu d’un petit rectangle aux couleurs voyantes. Elle a un pouvoir symbolique et rituel : elle est toujours valable, elle est individuelle, elle est personnalisée avec les données personnelles et la signature, elle suit le voyageur jusqu’à la mort. Le numéro de la carte nous pénètre et il devient nous. Au début de chaque mois ou de chaque semaine, on achète le coupon des dimensions d’un ticket de métro, mais aux couleurs coordonnées à celles de la carte, et le moyen pour en prendre possession, pour le rendre inaliénable, c’est d’y écrire dessus le numéro de carte orange, en acceptant implicitement d’être identifié comme P 185954 à chaque déplacement. Une fois entrés dans ce système, on peut insérer le coupon dans la poche prévue à ce fin dans la pochette pour carte orange, et jouir de l’ineffable étincellement de l'hologramme imprimé dessus. Beaucoup d’autres objets produits par la ville possèdent un magnétisme comparable à celui de la carte orange. Les cartes téléphoniques, les tickets de métro, les cartes d’accès aux bibliothèques, les cartes de fidélité aux magasins, les hebdomadaires consacrés aux événements urbains nous font sentir les membres d’un club exclusif. Nous sommes heureux de nous livrer à la dimension merveilleuse et irréelle crée par ces objets. Nous nous perdons sans crainte dans le monde des collectionneurs de cartes téléphoniques en nous sentant obscurément sauvés, contrôlés par un grand frère...

Il m’est arrivé souvent d’apercevoir l’essence de cette ville polymorphe à des moments dans lesquels je ne m’attendais rien de particulier. Fauchée comme je suis, j’ai cycliquement l’exigence de manger de la nourriture passablement fraîche, ou du moins non en boite, sans dépenser une fortune. À Paris la combinaison de ces deux caractéristiques est un vrai luxe. En obtenir une seule, par contre, n’est pas difficile. Des brochettes de viande avariée ou brûlée peuvent e trouver à un prix honnête dans les quartiers les plus malfamés, tandis que des frits et des légumes très frais sont servis dans les restaurants à des prix stellaires. Ainsi, quand j’ai une cuisine à ma disposition, je me lance sur les marchés alimentaires. Quand je décidai de me rendre pour la première fois au marché Dejean, quelque chose m’échappa. Je descendis au métro Château-Rouge et m’aperçus que je ne mangerais pas ce jour-là. Les trottoirs étaient couverts de feuilles pourries et de chiffons bariolés. Les dernières camionnettes partaient rapidement en abandonnant les piles de caisses vides à même le sol. Les chiffons qui absorbent l’eau des égouts étaient couverts de trognons et de déchets végétaux. Le marché était terminé. Je venais de passer une heure dans le métro, donc je ne partis pas tout de suite. Je commençai à flâner en m’enivrant de la puanteur marcescente des légumes écrasés par les passants. Mais je n’eus pas le temps de vivre cette déchéance car à la fin de la rue parut un maigrichon avec un jean troué, une veste en cuir, un gros chien sans laisse et un tas de punaises. Il avait l’air sympathique, sans doute parce que ses cheveux à moitié décolorés fuyaient dans tous les sens, à cause d’une vaine tentative d’attacher en dreadlocks sa chevelure très lisse. On se regarda un instant, je croyais qu’il s’agirait d’un de ces passants parisiens dont je me souviendrais sans qu’ils m’adressent la parole. Par contre, au moment où on se croisa il me dit: "Liberté dans la vie." Et avant que je puisse m’étonner: "et dans l'amour...". Puis il prit à me parler, comme s’il m’avait toujours connu : « N’est-ce pas ? La liberté est le plus important ». Et debout au milieu de la rue, avec le chien poisseux qui nous tournait autour, nous commençâmes à parler de liberté, égalité et fraternité. Depuis, quand je pense à Paris, c’est à cette image incongrue que je pense.


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mardi 10 décembre 2024

L'histoire de mon lieu de vie: le quatorzième arrondissement


J'habite le quatorzième arrondissement de Paris, auquel je suis particulièrement liée pour une série de raisons. Connu pour ses quartiers vivants et diversifiés comme Montparnasse, Alésia et Plaisance, cet arrondissement est aujourd'hui un véritable carrefour d'art, d'urbanisme moderne et de traditions parisiennes. Mais pour comprendre l'âme de cet arrondissement, il faut revenir sur son histoire, faite de transformations sociales, culturelles et urbaines.

Avant d'être intégré à Paris en 1860, lors de l'extension de la capitale décidée par Napoléon III, le territoire du 14e était principalement constitué de petits villages agricoles. On en trouve facilement la trace aujourd'hui, car en se promenant dans cette zone, on entrevoit souvent des routes pavées bordées de plantes (et parfois meme de quelques animaux fermiers) qui se trouvent aujourd'hui souvent à l'intérieur d'immeubles insoupçonnables à l'allure parfaitement urbaine. Les hameaux comme Petit-Montrouge, Plaisance et Montsouris, tous entourés de terres agricoles, ont joué un rôle important dans la construction de Paris, notamment grâce à l'exploitation des carrières de calcaire qui servaient à bâtir de nombreux monuments parisiens. Plus tard ces carrières ont hébergé les catacombes, aujourd'hui constituant un attrait touristique important. Avec l’annexion de ces communes en 1860, l’actuel 14e arrondissement fut formé, marqué par une urbanisation rapide et une réorganisation du territoire. Dès lors, ce qui était autrefois un espace rural et périphérique devient une partie intégrante de la ville, se dotant peu à peu de ses infrastructures modernes.

La construction de la gare Montparnasse, dans les années 1840, et de la tour Montparnasse dans les années 1960 et 1970 ont aussi contribué au changement du caractère de l'arrondissement. Si la tour a suscité des controverses esthétiques, elle demeure un symbole de l'architecture moderne à Paris. Le quartier Montparnasse a joué un rôle central pour les artistes au début du 20e siècle, car il a attiré nombre de figures artistiques et intellectuelles du monde entier. Dans les années 1920 et 1930, des artistes comme Pablo Picasso, Amedeo Modigliani, et Jean Cocteau y vivaient et fréquentaient des cafés comme La Rotonde, Le Dôme et La Coupole. Ces établissements sont devenus des lieux mythiques de rencontre, où peintres, poètes et écrivains se réunissaient pour débattre, créer et s'inspirer les uns des autres. Le Montparnasse de cette époque était un lieu de foisonnement culturel, surnommé "La Nouvelle Athènes". Ce quartier a vu naître le mouvement surréaliste et a accueilli les débuts de nombreuses stars de l'art et de la littérature du 20e siècle. Aujourd'hui encore, l'ombre de cette période faste plane sur le 14e arrondissement dont la rue de la Gaité affiche toujours complet dans ses nombreux théatres. Plus au sud, toujours dans le 14e, près du Parc Montsouris, on trouvera aussi un quartier des artistes, très reconnaissable par les grandes baies vitrées caractérisant les ateliers-appartements. Dans ce quartier, caractérisé par une grande effervescence créative, se trouve également l'atelier-musée Chana Orloff. 

Aujourd'hui, le 14e arrondissement continue d'évoluer. Ses quartiers, chacun avec une identité propre, allient modernité et tradition. Le parc Montsouris offre un havre de paix aux citadins, tandis que les rues animées du quartier Alésia attirent les amateurs de shopping. Les espaces verts, les écoles et les centres culturels en font un lieu de vie prisé des familles et des étudiants. Le réseau des hypervoisins - un réseau Faceebook et Whatsapp réunissant les habitants du 14e témoigne de l'atmosphère de solidarité qu'on respire dans le quartier. Le 14e arrondissement reste aussi un lieu de mémoire, où l’histoire se mêle à la vie quotidienne. Les anciens ateliers d’artistes de Montparnasse cohabitent avec des immeubles modernes, tandis que des cafés historiques continuent d’accueillir écrivains et rêveurs.

Que ce soit pour flâner dans les ruelles de Plaisance, visiter les Catacombes ou profiter de la vue panoramique depuis la tour Montparnasse, cet arrondissement offre un riche panorama de l’histoire et de la diversité parisiennes.

jeudi 5 décembre 2024

Notre Dame revient à Paris

Le 15 avril 2019, l'un des événements les plus tragiques de l'histoire récente de Paris a eu lieu : un incendie dévastateur a ravagé la cathédrale Notre-Dame de Paris, l'un des monuments les plus emblématiques de la capitale et un chef-d'œuvre de l'architecture gothique.
L'incendie a débuté vers 18h30 sous la charpente en bois du toit, souvent appelée "la forêt" en raison du grand nombre de poutres en chêne qui la constituaient, certaines datant du XIIIe siècle. En l'espace de quelques heures, les flammes se sont rapidement propagées, détruisant la plus grande partie du toit et menaçant l'ensemble de la structure.
L'image de la flèche de Notre-Dame, conçue par l'architecte Eugène Viollet-le-Duc au XIXe siècle, s'effondrant sous les flammes, a marqué le monde entier. Les pompiers ont lutté pendant près de 15 heures pour maîtriser le feu, empêchant ainsi la destruction complète de l’édifice.
L'origine exacte de l'incendie demeure incertaine, mais les enquêteurs privilégient la piste accidentelle, liée à des travaux de rénovation qui étaient en cours à l'époque. La charpente en bois, très ancienne, était particulièrement vulnérable à ce genre d'incident. Aucune trace d'acte criminel n'a été découverte lors de l'enquête.
L'une des pertes les plus symboliques a été la flèche, qui s'est effondrée, ravagée par les flammes. La quasi-totalité du toit, dont la structure médiévale en bois, a été détruite. Bien que l'incendie ait principalement affecté l'extérieur, certaines parties de l'intérieur ont également été touchées, notamment certaines des voûtes qui se sont effondrées sous le poids du toit en flammes. La plupart des trésors de Notre-Dame, comme la Couronne d'épines (relique précieuse), la tunique de Saint Louis et d'autres objets religieux, ont été sauvés grâce à l’intervention rapide des pompiers et des autorités.
Immédiatement après l'incendie, des donateurs se sont mobilisés en France et à l'étranger, pour entamer immédiatement la reconstruction. efforts ont été entrepris pour stabiliser la structure et protéger l'édifice des intempéries. Il a été décidé de reconstruire la cathédrale à l’identique. Le président Macron a confirmé que la flèche serait reconstruite selon les plans originaux de Viollet-le-Duc en 5 ans.
Effectivement il y a quelques jours la statue de Notre-Dame a fait retour dans l'église, et demain, le 7 décembre l'inauguration officielle aura lieu, accompagnée de cérémonies religieuses. Le 8 décembre, jour de l'immaculée conception, auront lieu la première messe et la consécration de l'autel. 

samedi 30 novembre 2024

Paris et les marchés de Noël

Paris a déjà entamé sa transformation pour la période des fêtes, avec de nombreux marchés de Noël qui proposent des manèges, des produits artisanaux et une ambiance festive. Paris en propose par dizaines, chacun a son charme, et il faut savoir choisir. En voici quelques-uns.

Marché de Noël des Tuileries
Ce marché emblématique propose des chalets en bois, des illuminations féeriques, plusieurs manèges et une variété de produits artisanaux, de décorations et de gourmandises. Ne manquez pas la Grande roue pour une vue imprenable sur Paris.
  • Dates : Du 16 novembre 2024 au 1 janvier 2025
  • Lieu : Jardins des Tuileries
Marché de Noël de la Défense
L'un des plus grands marchés de Noël de la région, avec plus de 300 chalets. Profitez d'une sélection variée de produits du monde entier, de la gastronomie aux artisanats. Des animations sont également prévues pour les enfants.
  • Dates : Du 14 novembre au 29 décembre 2024
  • Lieu : Esplanade de la Défense
Marché de Noël des Abbesses (Montmartre)
Ce marché intimiste et charmant propose des créations artisanales et des délices culinaires. Profitez de l'atmosphère pittoresque de Montmartre, avec des spectacles de rue et des concerts.
  • Dates : Du 24 novembre 2024 au 7 janvier 2025
  • Lieu : Place des Abbesses
Marché de Noël de Saint-Germain-des-Prés
Un marché chic et élégant, avec des produits artisanaux, des bijoux et des spécialités gastronomiques. L’ambiance festive est accentuée par des concerts et des animations.
  • Dates : Du 26 novembre 2024 au 1er janvier 2025
  • Lieu : à proximité de l'église de Saint-Germain-des-Prés
Marché de Noël de Notre Dame
Un marché au cœur de Paris consacré au made in France. Ici les producteurs ont été sélectionnés pour la qualité de leurs produits. Quelques chalets gastronomiques sont également présents. Profitez des animations et admirez les décorations très caractéristiques.
  • Dates : Du 29 novembre au 25 décembre 2024
  • Lieu : Square René Viviani . Quai de Montébello.
Marché de Noël Alsacien
Un marché original où l'on peut trouver des produits typiques alsaciens, des décorations et des idées cadeaux. Des concerts et des animations ponctueront les journées.
  • Dates : Du 29 novembre au 15 décembre 2024
  • Lieu : parvis de la Gare de l’Est - côté rue de l'Alsace
Paris propose aussi des marchés-évènement, qui ne durent souvent qu'un weekend et sont consacrés généralement à un pays ou à une aire géographique. Je signale, par exemple, le marché suédois, qui se tient jusqu'à demain 17h00 à l'église suédoise de Paris au 9, rue Médéric.
Ou alors le marché de Noël Afro-Caribéen, qui se tiendra le weekend prochain (7 et 8 décembre) à la galerie Joseph, au 116 rue de Turenne.

Les horaires peuvent varier selon les marchés et, parfois, selon la météo. Je conseille de les vérifier au dernier moment sur Internet.

jeudi 28 novembre 2024

Lieu(x)

Les villes dans lesquelles j’ai vécu m’ont offert la possibilité de réfléchir sur l’espace urbain, spécialement si elles avaient été narrées par des écrivains que j’aime. Les romans de Daniel Pennac, auxquels j’ai consacré mon mémoire de maîtrise, m’ont donné la première occasion pour visiter des lieux de Paris que je ne connaissais pas. Cette recherche a abouti à Belleville: la Parigi di Daniel Pennac écrit en collaboration avec Anusca Ferrari.
Ce guide littéraire (disponible uniquement en italien) propose des itinéraires pour partir à la recherche de ses personnages avant de se concentrer sur le quartier de Belleville. Ce quartier de la capitale française a une histoire singulière dont on trouve souvent les traces dans les vicissitudes de la tribu Malaussène que Pennac a racontées dans sa saga. Le lecteur qui voudra suivre les indications de cet ouvrage devra se servir de son attention, aussi bien que de sa fantaisie, pour saisir les drames et l’ironie de ce quartier. Pour Pennac, la ville est un prétexte à l’écriture et à la création, un lieu d’inventions, une source de romanesque. L’auteur parvient ainsi à déjouer la capacité des lecteurs contemporains de reconnaître le mythe en leur permettant de s'abandonner à la jouissance de l'intrigue. Les images de Paris et de Belleville sont ainsi réactualisées. La découverte d’une intersection possible entre le monde urbain et le monde littéraire m’a été utile pour lire les romans comme des villes textuelles et les lieux réels comme des points de départ pour une série de variations littéraires. En tout cas, il a été intéressant de parcourir à rebours le chemin du romancier. Anusca et moi, nous avons mû de la narration du lieu pour arriver aux lieux des narrations où s’inscrit la trace de vicissitudes urbaines inimaginables. Celles-ci sont souvent tellement invraisemblables, que quand le romans les révèlent, les lecteurs les considèrent comme un fruit de la fantaisie de l’écrivain.

Mon séjour en Martinique, si important d’un point de vue humain, m'a aussi menée à approfondir l’étude du rapport entre urbanisme et littérature. Fort-de-France a été une découverte perpétuelle pour une lectrice compulsive comme moi. Où que j’aille, j’avais l’impression d’entrer dans un roman. Les jardins publics de Fort-de-France, la Savane, étaient pour moi le lieu de la mort de Solibo Magnifique, un des personnages de Chamoiseau. La bibliothèque Schœlcher me rappelait des descriptions austères, et la crainte révérencielle qu’elle suscite chez les personnages de Confiant. Quant à l’ancienne mairie, j’étais émue de savoir qu’Aimé Césaire y recevait toujours les visites des étudiants et des intellectuels. Pour moi Césaire était un personnage abstrait, le poète par excellence! Alors qu'il était là, en chair et en os, dans l’ancienne mairie, où il m'a brièvement reçue aussi. Le banlieues de Fort-de-France qui, comme partout, ont un aspect vaguement inhumain et impersonnel, ont aussi constitué une étape importante de mes pérégrinations. Le Morne Pichevin, dont l’aspect actuel conserve très peu du quartier sordide et mystérieux qu’évoquent les romans de Confiant, conserve encore quelques vestiges des années (50 et 60) qui l’ont rendu célèbre. Puisqu’on me l’avait déconseillé, je suis allée aussi à Texaco, la célèbre bidonville qui a inspiré le roman de Chamoiseau. Je ne me suis jamais sentie en danger: la restructuration était presque en train de le transformer en un quartier résidentiel qui, à l’instar de beaucoup d’autres banlieues, ne devient dangereux que la nuit.
Les rapports entre ces lieux et les narrations qu’ils avaient inspirées, le constat d’une sensibilité urbaine et architectonique tout à fait différente de celle que je connaissais, m’ont décidée à projeter un autre guide littéraire à partir de mes notes de voyage. Fort-de-France o la città invisibile (disponible uniquement en italien) invite à découvrir la Martinique avec deux romanciers: Patrick Chamoiseau et Raphaël Confiant. À partir de leurs romans traduits en italien, des endroits du quotidien foyalais sont évoqués avant tout comme lieux littéraires. Des jardins publics, le lecteur se retrouve ensuite dans l’«En-ville» et constate la dégradation des marchés et des rues commerciales, si importantes pour les romanciers. Les quartiers malfamés ont inspiré autant de romans, mais que représentent ces lieux en dehors de la fiction? Dans cette quête géopoétique, j'ai fini par m’égarer entre une ville réelle et son double imaginaire. Mon hypothèse est que certains des caractères propres de Fort-de-France constituent un héritage des logiques de la plantation (de l’habitation, pour être précis). Notamment, le flottement onomastique de la capitale martiniquaise semble correspondre à la pratique du « nom secret ». 

Modena aussi, la ville où j'ai passé la plus grande partie de ma vie, m'a inspiré un projet que j'ai présenté à la Casa delle culture qui l'a soutenu et financé avec la Cassa di Risparmio di Modena. Modena extra… ordinaria, est un livre d'entretiens enrichi des photos de mon ami Enrico Bertani. La ville y est décrite par nos concitoyens étrangers ou d'origine étrangère, des personnes d'ages différents et venant de parcours disparates. Leurs points communs sont la résidence à Modena et l'expérience de vie d'au moins deux pays différents. Ce projet m'a permis d'expérimenter un accueil extra... ordinaire de la part des personnes interviewées, qui se sont pretées au jeu avec une grande disponibilité.

En somme, le(s) lieu(x), surtout les villes, ont toujours été, pour moi, un lieu de fascination et de rencontres.



mercredi 27 novembre 2024

Paris vu différemment

Paris a toujours suscité des lignes et inspiré des vers aux flâneurs, aux promeneurs et aux amants des paysages urbains. Il est rare que les écrivains qui ont vécu à Paris ne se soient pas penchés au moins une fois sur Paris en tant que lieu, ville, personnage. 

Dany Laferrière a eu un itinéraire biographique unique. Ayant souvent vécu dans des villes, il a écrit plusieurs romans qui acquièrent leur sens le plus accompli par rapport à un imaginaire citadin.  

Depuis qu'il est basé principalement à Paris - où il a emménagé à la suite de son entrée à l'Académie Française - Laferrière a inventé le genre des "romans dessinés", dont le premier, Autoportrait de Paris avec chat (publié en 2018) constitue un hommage à sa dernière ville d'accueil. 


En avril cette année, le jour de son anniversaire, Laferrière a inauguré une exposition en plein air sur le Pont des Arts et constituée de planches choisies tirées de se œuvres dessinées.
Voici quelques images d'une des planches, de la conférence d'inauguration et de moi-même avec l'auteur dans l'Académie Française. L'exposition n'est plus visible, car elle poursuit son voyage à travers le monde, les romans de Laferrière - dessinés ou non - on les trouve partout. C'est mon conseil de lecture d’aujourd’hui !

 

jeudi 21 novembre 2024

Novembre, Paris, Victor Hugo et sa maison

Le mois de novembre à Paris me rappelle un célèbre poème de Victor Hugo, dont voici un extrait:
L'écritoire où Victor Hugo écrivait tout nu

Quand l’Automne, abrégeant les jours qu’elle dévore,
Éteint leurs soirs de flamme et glace leur aurore,
Quand Novembre de brume inonde le ciel bleu,
Que le bois tourbillonne et qu’il neige des feuilles,
Ô ma muse ! en mon âme alors tu te recueilles,
Comme un enfant transi qui s’approche du feu.
Devant le sombre hiver de Paris qui bourdonne,
Ton soleil d’orient s’éclipse, et t’abandonne,
Ton beau rêve d’Asie avorte, et tu ne vois
Sous tes yeux que la rue au bruit accoutumée,
Brouillard à ta fenêtre, et longs flots de fumée
Qui baignent en fuyant l’angle noirci des toits.
[...]

Pleurant ton Orient, alors, muse ingénue,
Tu viens à moi, honteuse, et seule, et presque nue.
– N’as-tu pas, me dis-tu, dans ton coeur jeune encor
Quelque chose à chanter, ami ? car je m’ennuie
A voir ta blanche vitre où ruisselle la pluie,
Moi qui dans mes vitraux avais un soleil d’or !

Un détail de la salle chinoise
Cela nous offre l'occasion de visiter la Maison de Victor Hugo, située au 6 place des Vosges, dans le 4e arrondissement de Paris. Ce musée littéraire, installé dans l'ancien appartement de l’écrivain, est un véritable voyage dans l’univers de l’auteur des Misérables et de Notre-Dame de Paris.
Victor Hugo a résidé dans cet appartement au 2e étage de 1832 à 1848, une période riche en création littéraire. Il y a écrit plusieurs œuvres majeures, ainsi que des poèmes de Les Chants du crépuscule et une partie de Ruy Blas, sa célèbre pièce de théâtre.
La visite du musée se divise en trois parties correspondant aux grandes étapes de la vie de Hugo : avant l'exil, pendant l'exil à Guernesey et Jersey, et après l'exil. Le parcours permet de découvrir des objets personnels, des manuscrits, des illustrations, et des œuvres d'art qui lui étaient chers. Chaque pièce reflète à la fois son style de vie et ses goûts éclectiques. La salle chinoise, notamment, témoigne de l'intérêt de Hugo pour les arts orientaux.
La Maison de Victor Hugo offre une expérience immersive où l’on peut ressentir l’esprit créatif et la personnalité de l’écrivain. En plus de ses meubles et objets personnels, le musée expose également des portraits et des œuvres réalisées par Hugo lui-même, qui était aussi dessinateur talentueux.
L'appartement donne sur la magnifique Place des Vosges, la plus ancienne place de Paris, et après la visite, il est possible de se promener dans ce quartier historique du Marais, cherchant à capter l’inspiration littéraire qui a habité l’un des plus grands auteurs de la littérature française.
Une halte à la Maison de Victor Hugo, c’est un voyage dans l’intimité d’un génie qui a marqué Paris et la France à jamais.

vendredi 15 novembre 2024

Les mondes imaginaires



Il reste encore un petit mois pour aller visiter gratuitement l'exposition Les mondes imaginaires à l'espace Monte Cristo, un espace dédié à la promotion de la sculpture contemporaine niché dans le 20° arrondissement. Cette expo a fait fureur depuis son ouverture au mois d'avril, non seulement parce qu'il n'est pas nécessaire de réserver un créneau pour la visiter (circonstance très rare depuis la fin de la pandémie) mais surtout parce que les artistes choisis ont su s'exprimer par des œuvres qui interpellent tout type de public.
Une en particulier m'a fait penser au projet STRIP dont j'ai parlé plusieurs fois. Il s'agit d'In tissu, une œuvre de Julia Maria López Mesa dans laquelle on peut se nicher. Cette œuvre-cabane a été construite de manière participative avec des morceaux de tissu qui étaient significatifs pour les donneurs, et quand on s'y installe dedans, on entend aussi l'histoire des vêtements et des accessoires qui constituent physiquement l'œuvre. 
Les autres sculptures exposées m'ont parlé aussi bien pour leur réflexion sur l'écologie, sur la mémoire, sur la participation et sur notre monde en général, que pour leur valeur esthétique et pour leur caractère souvent interactif.
Un parcours pour les enfants est proposé également et la plupart des sculptures offrent des pistes de réflexions stimulantes grâce aux explications exhaustives et compréhensibles. Hâtez-vous !
In tissu de Julia Maria López Mesa 


mardi 5 novembre 2024

Tombes et lettres

Bien que la Toussaint soit, strictement parlant, passée, cette période de l'année est très thématisée à Paris. Je parlerai un jour des initiatives d'inspiration mexicaine ou étatsuniennes, ainsi que de l'exposition au musée du quai Branly sur le mythe originaire du zombi, notamment dans la culture haïtienne, car le syncrétisme qui a porté à la figure du zombi n'a rien à voir, à l'origine, avec Halloween. 
En tout cas, Halloween ou non, ceci est le premier post thématique de ce blog et comme tel, il doit quelque part être lié à la mort. Parce qu'on ne peut pas naître sans d'abord mourir à l'ancien. Ainsi, je vous propose aujourd'hui un itinéraire dans les cimetières de Paris. Mon conseil préalable est de bien vérifier les horaires d'ouverture qui peuvent varier au cours de l'année - à moins que vous ne vouliez pousser à l'extrême votre expérience Halloween et rester enfermés dans un cimetière. Si c'est le cas, sachez que ces grands cimetières urbains hébergent des nombreux animaux sauvages, dont par exemple des renards. Pour trouver l'emplacement des tombes qui vous intéressent dans ces cimetières souvent immenses, Google maps devrait suffire, mais il y a de nombreux sites indiquant l'emplacement exact de chaque tombe célèbre.
Une autre consigne importante est celle du silence. Ces cimetières - et notamment celui du Père Lachaise - peuvent bien être des destinations touristiques, mais ils demeurent prioritairement des lieux de recueillement. Mon dernier conseil est d'amener avec vous une œuvre que vous aimez des auteurs dont vous verrez les tombes. 
La tombe de Serge Gainsbourg à Montparnasse


Cimetière du Père-Lachaise
Le cimetière du Père Lachaise a été inauguré en 1804, mais ne fut pas immédiatement apprécié par les parisiens pour différentes raisons, dont la position, à l'époque très éloignée du centre. Ainsi, pour rendre ce cimetière plus prestigieux, on décida d'y transférer les corps de Molière et de La Fontaine, qui étaient décédés respectivement en 1673 et 1695. L'idée fut très efficace, car dix ans plus tard environ le père Lachaise comptait environ 33000 tombes, contre les 2000 qu'on pouvait y trouver avant l'emplacement de Molière et de La Fontaine. Il faut quand-même souligner qu'il est très improbable que les restes qui se trouvent au père Lachaise soient vraiment ceux de ces deux grands artistes. 
Ce cimetière emblématique abrite toutefois, entre autres, les tombes d'Honoré de Balzac, Marcel Proust, Gérard de Nerval, Guillaume Apollinaire, Paul Éluard, Alphonse Daudet, Colette, Anna De Noailles, Georges Perec et Oscar Wilde. La tombe de l'auteur irlandais, ornée d’un ange en pierre, a été l'objet d'un rituel bizarre au cours des années 1990. L'habitude s'était instaurée, parmi les admirateurs et les admiratrices d'Oscar Wilde, de déposer un baiser au rouge à lèvres sur son tombeau - sans doute pour rappeler qu'il a été emprisonné pour un baiser, justement. Au fil des ans, malheureusement, la sculpture a été endommagée par ces baisers. En 2011 on l'a donc protégée par des parois en plastique transparent. 
Au Père Lachaise, vous trouverez également les tombes de chanteurs, d'Édith Piaf à Jim Morrison, dont la tombe est la plus visitée à Paris.
 

Cimetière de Montparnasse
Le cimetière de Montparnasse est celui que je préfère, car je peux y aller à pied de chez moi, il est moins touristique que le Père Lachaise et plus facile à visiter, car il est beaucoup plus petit. Les tombes d'écrivains les plus connus qu'il abrite sont celles de Charles Baudelaire, Samuel Beckett, Andrée Chedid, Marguerite Duras, Susan Sontag, Eugène Ionesco, Guy De Maupassant, Tristan Tzara et celle de Jean-Paul Sartre et de Simone de Beauvoir.
Si le temps n'est pas trop pluvieux, il sera dépaysant de se consacrer à une promenade dans les jardins du cimetière et de trouver un coin tranquille pour méditer sur les lignes que ces grands auteurs ont écrites.
Au cimetière de Montparnasse on peut aussi méditer sur les tombes de Serge Gainsbourg, de Jane Birkin et admirer des sculptures d'artistes célèbres, dont Niki de Saint-Phalle et Brancusi
 
Paris héberge d'autres cimetières pleins de surprises, je ne citerai que le Cimetière de Montmartre, dans lequel on peut trouver les tombes de Stendhal, d'Émile Zola et d'Alexandre Dumas fils.