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mardi 8 juillet 2025
Tous Léger!
vendredi 13 juin 2025
Mille et une vies
Au cœur du vingtième arrondissement, cet espace permet une circulation fluide, avec des zones immersives. C'est un lieu que j'aime beaucoup, donc j'en parle à nouveau, en profitant de la nouvelle exposition Mille et une vies, qu'on peut visiter jusqu'au 14 décembre 2025.
Cette exposition explore les différentes facettes de l'identité - corporelle, sociale, biologique - mais surtout hybride et "autre". Elle est organisée de manière accueillante et laisse découvrir les liens entre la sculpture et l’intimité, la vulnérabilité, le corps, les émotions et les sensations mais aussi les rapports entre les êtres. Elle interroge la manière dont la sculpture peut transmettre des impressions sensorielles, tactiles et affectives.
mercredi 12 février 2025
Fil rouge
L'expo la plus émouvante que j'aie vu dernièrement est The Soul Trembles de Chiharu Shiota. Les installations ne sont pas mon art préféré, pourtant, mais dans ce cas, je me suis laissée happer par des espaces repensés poétiquement.
Cette artiste japonaise utilise des matériaux simples pour créer des environnements complexes, souvent inspirées de ses expériences personnelles. Les thèmes comme le sang, le corps, la mort, la mémoire, l'identité, l'avortement évoquent des émotions profondes et suscitent un dialogue sur l'existence.
Les fils de laine ou de nylon qui reviennent dans ses installations représentent les relations humaines.
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| "Enfilée" dans une œuvre de Chiharu Shiota |
dimanche 26 janvier 2025
Mères
Mes recherches de thèse m'amènent à étudier des romans et des récits publiés en italien. Toutefois, quand une oeuvre italienne est publiée en français, j'en parle volontier ici, spécialement s'il s'agit d'une oeuvre qui m'a touché particulièrement. Ma mère est un fait divers de Maria Grazia Calandrone a été publié en France il y a quelques mois, peu avant le lancement de ce blog, dans la traduction de Nathalie Bauer pour les éditions du Globe.
Maria Grazia Calandrone, qui est née à Milan, a été abandonnée à Rome par ses parents biologiques à l'age de 8 mois. Ceux-ci se sont suicidés le jour même. Elle a ensuite été adoptée par une famille de Rome. Dans cette oeuvre et dans une autre qui n'a pas encore été traduite en français, elle retrace les vicissitudes de chacune de ses deux mères. Ma mère est un fait divers est consacrée à sa mère biologique. Il s'agit d'un récit de filiation atypique, parce que la prose est intercalée à des vers. L'enquête que Maria Grazia mène la porte non seulement à découvrir et à recomposer une série d'informations fragmentaires concernant sa mère Lucia, mais surtout à contextualiser son geste et celui de son compagnon Giuseppe (le père de Maria Grazia) dans la société italienne des années 60. Ainsi, de choix intime et désespéré, leur suicide recontextualisé devient un geste politique d'espoir.Au-delà du portrait d'un pays dans lequel le divorce était illégal, au-delà de la juste réflexion, par ailleurs très finement menée, sur la retombée des lois sur la vie des individus, ce livre m'a touchée au point que quand j'ai eu la possibilité de rencontrer son auteure et de l'interviewer, je me suis émue. Son écriture parle d'amour et de liberté, c'est une fleur qui bourgeonne au cœur des ruines. La narratrice ne s'adresse pas seulement aux personnes qui ont connu une oppression comme celle vécue par Lucia, ni à ceux qui s'y intéressent, mais à chaque etre humain. Bonne lecture.
jeudi 12 décembre 2024
Faisons corps!
C'est une expo dans laquelle on peut toucher la plupart de ce qu'on voit, où le spectateur n'en est plus un, car il interagit avec certaines des œuvres et, dans quelques cas, il les modifie. Le corps est vu dans son intimité (surtout dans la première partie, consacrée au corps anatomique) mais aussi dans son unicité et son individualité. Le visiteur est également invité à bouger, à se laisser toucher par les autres, et c'est là que le corps est présenté dans sa signification sociale.
Le titre de l'expo est aussi, quelque part, son objectif, et il est significatif que le lieu qui héberge cette exposition soit un lieu de culture militante et d'éducation informelle en plein cœur du Marais.
lundi 25 novembre 2024
Journée pour l'élimination de la violence faite aux femmes
Aujourd'hui, c'est la Journée internationale pour l'élimination de la violence à l'égard des femmes. La journée a été instituée par l'Assemblée générale des Nations Unies en 1999. Comme dans de nombreux cas similaires, la célébration de cette journée n'aura pas d'impact direct sur la violence faite aux femmes, mais elle a certainement una signification symbolique.
En ce moment, en France, l'affaire des viols de Mazan fraye la chronique. Il s'agit vraiment d'une affaire paradigmatique. Un de ses aspects le plus avilissants consiste dans le substrat d'ignorance et de sexisme qui a permis à ces crimes aberrants d'être commis.
De plus, on ne peut pas penser à un cas isolé, à un fou qui a révélé sa folie sordide après une longue période de mariage apparemment normal, car de la centaine d'hommes qui ont pris partie à ces viols de manière directe ou indirecte, aucun n'a dénoncé la situation et ce n'est que par hasard, après un épisode de voyeurisme dans un supermarché, que Dominique Pélicot a été arrêté et les vidéos des viols de sa femme Gisèle découverts sur son ordinateur. Il faut aussi souligner que le médecin de Gisèle Pélicot n'a jamais rien remarqué d'insolite malgré les maladies sexuellement transmissibles que la femme avait attrapées et ses vides de mémoire. Il (ou elle) en est même arrivé à un diagnostic de début d'Alzheimer. Il ne s'agit pas de stigmatiser un médecin, mais je veux rappeler que l'Organisation Mondiale de la Santé a démontré depuis longtemps que les femmes ne sont pas aussi bien soignées que les hommes parce que leurs indications ne sont pas écoutées avec la même attention que celles que les hommes donnent sur leurs symptômes.
Bref, cette sale affaire constitue une démonstration parfaite des liens entre le sexisme plus souterrain et socialement accepté d'une part, et les crimes contre les femmes de l'autre. Il est intéressant de se demander pourquoi et comment on en est arrivés là, mais il faut surtout prendre conscience de la nécessité d'un changement. J'espère que cette journée en fasse réfléchir certains.
En attendant, je vous rappelle qu'il existe un numéro pour aider hommes, femmes et personnes non binaires qui subissent des violences sexuelles ou sexistes. C'est le 3919







